La défiscalisation immobilière en Belgique : comment optimiser votre investissement ?

En Belgique, l’investissement immobilier ne se limite pas à la constitution d’un patrimoine : il s’inscrit aussi dans un cadre fiscal spécifique qui influence directement votre rentabilité nette. Les règles varient selon la région (Wallonie, Bruxelles, Flandre), le mode de détention (personne physique ou société) et le type de location (usage privé ou professionnel, meublé ou non).

Depuis les revenus 2025 (exercice d’imposition 2026), la fiscalité immobilière connaît une réforme majeure avec la suppression de la déduction ordinaire des intérêts pour de nombreux biens à usage locatif ou secondaire, ce qui impose de revoir les stratégies d’investissement et de détention.

Pourquoi la fiscalité immobilière est déterminante pour votre investissement ?

En Belgique, lorsque vous louez un bien à un particulier pour un usage strictement privé (résidence principale, logement étudiant…), l’impôt est en principe calculé sur le revenu cadastral (RC) indexé et majoré de 40%, et non sur le loyer réellement perçu.
Cela constitue un avantage par rapport à des systèmes où les loyers réels sont fortement imposés, mais il existe des exceptions importantes lorsque le bien est loué à des fins professionnelles ou dans un cadre sociétaire.

À partir des revenus 2025, la possibilité de déduire des revenus immobiliers les intérêts d’emprunt liés à des biens autres que l’habitation propre est supprimée, sans régime transitoire pour les crédits existants : cette mesure affecte particulièrement les multipropriétaires et les investisseurs locatifs privés.

Les droits d’enregistrement : un levier régional majeur

L’acquisition d’un bien immobilier entraîne des droits d’enregistrement dont le taux et les mécanismes de réduction diffèrent selon les régions.

  • Wallonie
    • Taux de base : 12,5%.
    • Depuis 2025, un taux réduit de 3% est applicable, sous conditions strictes, pour l’acquisition d’une habitation propre et unique (conditions de domiciliation, plafond de valeur, engagements de conservation, etc.).
    • L’économie potentielle est significative, mais dépend du prix du bien et du respect de toutes les conditions régionales.
  • Bruxelles-Capitale
    • Taux standard : 12,5%.
    • Abattement important sur une tranche du prix (par exemple 200 000 € pour un bien jusqu’à 600 000 €, montants à vérifier en fonction des dates et des réformes en vigueur), ce qui permet d’économiser jusqu’à 25 000 € de droits dans certains cas.
    • Le mécanisme d’abattement exige également le respect de conditions (habitation propre, conditions de domiciliation et de conservation).
  • Flandre
    • Taux réduit pour l’habitation propre et unique (taux de 3% puis 2% dans certaines réformes récentes), avec des bonus supplémentaires possibles pour certains travaux de rénovation ou de performance énergétique, selon les règles en vigueur au moment de l’achat.
    • Les conditions d’accès à ces taux réduits (habitation propre, unique, engagement de conservation, exigences énergétiques) doivent être vérifiées dans la réglementation flamande actualisée.

Pour un investisseur, ces différences régionales influencent fortement le coût d’acquisition et donc la rentabilité globale : à prix de marché identique, deux biens situés dans des régions différentes peuvent générer un niveau de droits d’enregistrement très contrasté.

Déduction des intérêts d’emprunt : une ère révolue pour de nombreux investisseurs

Jusqu’aux revenus 2024, les intérêts d’emprunt liés à des biens immobiliers autres que l’habitation propre pouvaient, dans de nombreux cas, être déduits des revenus immobiliers, ce qui réduisait la base imposable.
À partir des revenus 2025 (exercice 2026), la déduction ordinaire des intérêts est supprimée pour les biens qui ne constituent pas l’habitation propre (résidences secondaires, biens locatifs, etc.), et la mesure vaut également pour les crédits en cours, sans période transitoire.

Concrètement, pour un bien loué à des particuliers à usage privé, le revenu imposable reste calculé sur le RC indexé majoré de 40%, mais il n’est plus possible de réduire ce montant par la déduction d’intérêts, de frais réels ou d’amortissements dans le cadre de cette réforme.
Cette évolution pousse de nombreux investisseurs à reconsidérer la structure de détention de leurs biens (personne physique vs société) et leur stratégie de financement, surtout lorsque l’endettement est élevé.

Investir via une société immobilière : amortissements et fiscalité des sociétés

La détention de biens immobiliers via une société (société patrimoniale ou opérationnelle) offre une logique fiscale différente de celle des personnes physiques.

  • Amortissement du bien
    En pratique comptable belge, un immeuble peut généralement être amorti linéairement sur une durée de l’ordre de 30 à 33 ans (soit environ 3% par an), ce qui réduit le bénéfice imposable sans impact immédiat sur la trésorerie.
    Pour un bien de 300 000 €, un amortissement d’environ 9 000 € par an constitue une charge déductible dans le calcul du résultat de la société.
  • Déductibilité des frais
    En société, les frais liés à l’exploitation du bien (entretien, réparations, assurances, intérêts d’emprunt, certains frais de gestion, etc.) sont en principe déductibles comme charges professionnelles, sous réserve des règles de normalité et de justification.
  • Taux d’imposition
    Le taux nominal de l’impôt des sociétés en Belgique est de 25%, avec un taux réduit de 20% sur une tranche de bénéfice pour les petites sociétés qui remplissent certaines conditions.
    Ce taux proportionnel peut être plus intéressant que les tranches progressives de l’impôt des personnes physiques pour les revenus élevés, mais il faut tenir compte de la taxation ultérieure des dividendes et de la situation globale de l’investisseur.

La société offre aussi des possibilités d’organisation patrimoniale (transmission, entrée d’héritiers, vente de parts plutôt que de l’immeuble, etc.), mais ces choix doivent être analysés avec un fiscaliste ou un notaire, car ils impliquent d’autres coûts (droits d’enregistrement, droits de succession, taxation des plus-values, etc.).

Travaux de rénovation et primes : un impact fiscal et financier à encadrer

Les travaux de rénovation ont un double effet : ils peuvent améliorer la valeur du bien et réduire certaines charges (énergie, entretien), tout en donnant parfois accès à des aides ou avantages fiscaux.

  • En personne physique
    Pour un bien loué à un particulier à usage privé, la réforme récente limite fortement la possibilité de déduire des charges réelles (intérêts, frais, amortissements) des revenus immobiliers, de sorte que le RC indexé majoré de 40% reste la base imposable.
    En parallèle, certaines dépenses peuvent ouvrir droit à des primes ou, dans des cas spécifiques, à des avantages fiscaux ciblés (par exemple, en Région wallonne, un avantage fiscal de 30% pour l’isolation de la toiture sur certaines factures de 2024, avec un maximum de 3 900 €, sous conditions et pour une période limitée).
  • En société
    Les travaux réalisés sur un bien détenu par une société peuvent être comptabilisés comme charges (entretien, réparations) ou immobilisations amortissables (gros travaux de rénovation), ce qui permet de les déduire du résultat imposable, dans le respect des règles comptables et fiscales.

Les régimes de primes et d’avantages fiscaux en matière de rénovation énergétique sont très mouvants et fortement régionalisés (primes “Habitation 2025” en Wallonie, primes énergie et rénovation à Bruxelles, dispositifs flamands spécifiques) : il est indispensable de vérifier les conditions, montants, plafonds et dates d’entrée en vigueur au moment du projet.

Précompte immobilier : une taxe récurrente à anticiper

Le précompte immobilier est la principale taxe récurrente liée à la détention d’un bien immobilier en Belgique.

  • Base de calcul
    Le précompte est calculé sur le revenu cadastral indexé, multiplié par un taux régional auquel s’ajoutent des centimes additionnels provinciaux et communaux.
    En Wallonie et à Bruxelles, le taux régional est de 1,25% du RC indexé, mais la facture finale augmente sensiblement avec les centimes additionnels, très variables d’une commune à l’autre.
  • Impact sur la stratégie
    Pour un investisseur, comparer les niveaux de centimes additionnels entre communes peut permettre de réduire significativement la charge annuelle de précompte, surtout pour des biens à RC élevé ou pour un portefeuille de plusieurs biens.

Location meublée : fonctionnement de la fiscalité en Belgique

La location meublée ne bénéficie pas d’un régime “exotique”, mais elle entraîne une ventilation du loyer entre une partie immobilière et une partie mobilière, chacune avec ses propres règles fiscales.

  • Location à un particulier, usage privé
    • Part immobilière : imposée comme une location nue, sur base du RC indexé majoré de 40%, via l’impôt des personnes physiques.
    • Part mobilière : en pratique, 40% du loyer brut sont souvent considérés comme revenus mobiliers. Après un abattement forfaitaire de 50%, cette part est taxée à 30%, ce qui correspond à un taux effectif de 15% sur la partie mobilière du loyer.

Par exemple, pour un loyer total de 1 000 € par mois, si l’on applique la clé standard 60% immobilier / 40% mobilier, la partie mobilier (400 €) sera taxée à 30% après un forfait de 50%, soit un impôt effectif de 60 € par mois sur le mobilier (taux de 15% de 400 €), sous réserve d’une analyse individualisée.

  • Location à usage professionnel
    Si le locataire utilise le bien à des fins professionnelles (société, indépendant, ASBL…), la taxation peut se faire sur les loyers réels, avec la possibilité pour le propriétaire de déduire des frais réels ou d’opter pour un forfait, et le régime devient plus proche d’une activité professionnelle.

La location meublée permet parfois de pratiquer des loyers plus élevés qu’une location nue, mais la rentabilité nette dépend alors de la combinaison : loyer plus élevé, régime RC + part mobilière taxée, et charges supplémentaires (mobilier, entretien, usure).

Stratégies de structuration : quelques pistes générales (à confirmer avec un expert)

Étant donné la complexité et l’évolution rapide de la fiscalité immobilière belge, il est impossible de définir une “recette unique” valable pour tous les profils, mais quelques lignes directrices se dégagent.

  • Primo-investisseur
    • Examiner les dispositifs régionaux de droits d’enregistrement réduits (Wallonie, Flandre) ou d’abattement (Bruxelles) pour une habitation propre et unique.
    • Pour un bien mis en location à usage privé, tenir compte du fait que la base imposable sera le RC indexé majoré de 40%, sans déduction ordinaire d’intérêts à partir des revenus 2025.
  • Investisseur déjà multipropriétaire
    • Évaluer l’impact de la suppression de la déduction des intérêts sur chaque bien financé par emprunt.
    • Étudier l’opportunité de transférer certains biens dans une société immobilière, où les intérêts et les amortissements peuvent être déduits comme charges, tout en intégrant le coût de création et de gestion de la société, ainsi que la fiscalité sur les dividendes.
  • Investisseur orienté rénovation/énergie
    • Se tenir informé des primes régionales (Wallonie, Bruxelles, Flandre) pour la rénovation énergétique, des éventuels avantages fiscaux ponctuels (comme certaines réductions d’impôts sur l’isolation de toiture), et des conditions strictes attachées à ces dispositifs (audit, plafonds, niveaux de revenus, délais).

Dans tous les cas, les réformes 2025–2026 (suppression de la déduction ordinaire des intérêts, adaptation des régimes de primes, accent mis sur la rénovation énergétique) rendent indispensable un accompagnement personnalisé par un expert-comptable, un fiscaliste et/ou un notaire pour sécuriser chaque décision d’investissement.

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FAQ

Questions fréquentes

Comment sont imposés les revenus locatifs en Belgique pour un bien loué à un particulier ?

Pour un bien loué à un particulier à usage strictement privé, l’impôt est calculé sur le revenu cadastral indexé, majoré de 40%, et non sur le loyer réellement perçu.

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La déduction des intérêts d’emprunt existe-t-elle encore pour les biens locatifs ?

À partir des revenus 2025 (exercice 2026), la déduction ordinaire des intérêts pour les biens qui ne constituent pas l’habitation propre est supprimée, y compris pour les crédits en cours, ce qui impacte fortement les multipropriétaires.

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Quels sont les principaux avantages fiscaux lors de l’achat d’un bien en Wallonie, Bruxelles et Flandre ?

En Wallonie et en Flandre, des taux réduits de droits d’enregistrement existent pour l’habitation propre et unique, tandis qu’à Bruxelles un abattement important s’applique sur une tranche du prix pour certains biens, sous conditions strictes de valeur, de domiciliation et de conservation.

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Quels sont les avantages d’acheter un bien via une société immobilière ?

Une société peut amortir l’immeuble sur une trentaine d’années, déduire les intérêts et frais comme charges professionnelles et bénéficier du taux d’impôt des sociétés de 25%, mais il faut aussi tenir compte de la fiscalité sur les dividendes et des coûts de gestion.

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La location meublée est-elle fiscalement plus intéressante qu’une location nue ?

En location meublée à un particulier, une partie du loyer est considérée comme revenu mobilier, taxé à un taux effectif d’environ 15%, tandis que la partie immobilière reste imposée sur base du revenu cadastral ; la rentabilité dépend donc de l’équilibre entre loyer plus élevé, fiscalité et coûts supplémentaires de mobilier.

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